— Cap Reliance —
Penser et Relier – Accorder pluriel et singuliersArchive pour poésie
Ateliers Réseau Lecture
Etoffez votre réseau en partageant le plaisir
de jouer avec les mots, de lire de beaux textes en commun,
en développant ainsi une conscience des liens opérés
avec un texte, avec soi-même, et avec les autres.
dernière séance le mardi 23 juin 2009 -10h00 à 12h00
avant la prochaine : le samedi 10 octobre 2009 à 10h00
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la lecture plurielle sans oser le demander !!
Voici des réponses : L’association Aldefer et Janine Méry vous proposent
- 1 journée et demie les 28 et 29 novembre 2008, au cours desquelles vous seront exposés les principes fondateurs de ses activités autour de la littérature, de la poésie et du conte.
- Stage de lecture plurielle : Les 20 et 21 mars 2009 seront consacrés aux mots qui invitent au voyage…
- Monique Couderc proposera également 2 journées à la poésie (dates encore à définir, en mai ou juin 2009)
Pour tout renseignement complémentaire, contactez Janine Méry (mery.janine [at] neuf.fr)
Hubert Reeves et la poésie (2)
Pour sonder l’acte poétique, je me suis amusée à rapprocher des extraits d’Hubert Reeves (« Malicorne Réflexions d’un observateur de la nature » avec d’autres d’un texte qui m’a été fourni par un poète, Michel Calonne, et qui lui avait servi de fil conducteur lors d’une intervention radiophonique. Voici ce petit dialogue imaginaire :
Sur le matériau :
M.C.
« La poésie n’est aucunement du domaine du pur esprit. Les anges [../..] souffrent d’un handicap beaucoup plus sérieux, l’absence de matière.
La poésie n’est pas en l’air, elle se sculpte, et sa matière est la plus dure et la plus cassante qui soit : c’est la langue.»
H.R. (en parlant du poète et des mots)
«il les choque les uns contre les autres, comme des pierres dont on fait jaillir des étincelles »
Sur l’ouverture au(x) sens :
M.C.
« [../..] sens, cette onde qui s’élargit autour des mots, s’entrecroise avec d’autres, crée des houles ou mêmedes courants qui vous emportent bien loin.
[../..] On cherche une rime et la rime est un son. Dix mots posent leur candidature : c’est le même son, mais ce sont dix sens. Dix ondes qui s’élargissent et que le poète observe. Elles s’entrecroisent avec les ondes précédentes.»
H.R.
« Le poète affectionne les mots ambigus, foisonnant de sens multiples, chargés de connotations accumulées au cours des âges.»
Sur l’acte et le risque poétique :
M.C.
« Il faut oser se laisser porter [../..] Parfois il ne se passe rien, la peau de la mer(*) redevient plate et le poète songe au suicide. Parfois, d’un croisement naît quelque chose, une vague, un frisson, un gulf stream. Il faut savoir reconnaître sa chance et là, pas de hasard, pas d’automatisme : le poète crée en choisissant. Il prend le mot au mot, le pose au bout de sa ligne en pointe de flèche et invente le vers qui sera la flèche.»
H.R.
« juxtaposant d’une façon inattendue des termes qui ne vont pas ensemble, il fait naître des images, des impressions, des émotions inconnues, une nouvelle expérience du monde.
[../..] Dans l’espace créé par le dépaysement, un éblouissement naît ou laisse percevoir un “sens” nouveau, irréductible aux mots qui l’ont produit. A l’inverse du discours scientifique, moins le poème a de signification – au sens traditionnel du terme, plus il a de chance de faire “sens”.»
Lire aussi : Hubert Reeves et la poésie (1)
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(*) en référence du tableau “Dali à l’âge de six ans, quand il croyait être une jeune fille, en train de soulever la peau de l’eau pour voir un chien dormir à l’ombre de la mer.”
Poésie…
En prévision de la conférence sur Gérard de Nerval par Jean-Luc Despax à la Maison de la Poésie, j’ai feuilleté un recueil du poète, et suis restée séduite par celui-ci :
VERS DORES
Eh quoi! tout est sensible.
PYTHAGORE
Homme ! libre penseur ! te crois-tu seul pensant
Dans ce monde où la vie éclate en toute chose ?
Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
Mais de tous tes conseils l’univers est absent.
Respecte dans la bête un esprit agissant :
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose;
Un mystère d’amour dans le métal repose;
“Tout est sensible !” Et tout sur ton être est puissant.
Crains, dans le mur aveugle, un regard qui t’épie :
A la matière même un verbe est attaché…
Ne la fais pas servir à quelque usage impie !
Souvent dans l’être obscur habite un Dieu caché;
Et, comme un oeil naissant couvert par ses paupières,
Un pur esprit s’accroît sous l’écorce des pierres !
Merci à Jean-Luc Despax de l’avoir lu, avec tant d’autres et dévoilé la vie passionnante de son auteur.
