Une jolie aventure a introduit en prison des cercles de lecture. Selon une idée chère à Robert Badinter, l’association “Lire, c’est vivre” a fait entrer un peu de culture en prison, envers et contre tous les préjugés, de l’extérieur comme de l’intérieur.
Cultivés ou non, parfois à peine lettrés, parfois beaucoup plus qu’on le pense, motivés par les remises de peine et/ou par l’ouverture de l’espace d’une bibliothèque, de l’ilôt de liberté dans un univers carcéral aliénant, certains détenus s’impliquent dans ces Cercles et renouent – parfois nouent seulement – avec une culture sociale qui les relient à l’extérieur des murs.
Un livre est né de la richesse des expériences vécues par chacun, intitulé “Dans ma cellule, j’ai fait le tour du soleil” d’après un poème écrit derrière les barreaux. Structuré selon “trois voix” : celle de la littérature, celle des lecteurs, et celle des médiateurs, il raconte le rapport aux livres des différents acteurs de la vie carcérale.
“Dans ma cellule j’ai fait le tour du soleil” , ouvrage coédité par “Lire c’est Vivre” et “AAEL” avec le soutien de “Fondation d’entreprise La Poste”.
Dans le contexte carcéral, les détenus ont un problème de place : être intégré parmi leurs pairs pour pouvoir supporter la réalité de l’enfermement c’est être reconnu pour leurs actes délictueux mais ils doivent aussi être perçu par le personnel pénitentiaire et les juges comme désireux de s’amender et de changer.
Cette place paradoxale peut être vécue comme un conflit, d’où une difficulté à être à sa place.
La lecture, l’écriture, la créativité sont des espaces où ils peuvent être ré-unifiés enfin. La parole (vraie) est souvent interdite car dangereuse, l’écrit est toujours relu, contrôlé, la créativité en cellule est réglementée, on n’affiche pas ce que l’on veut dans sa propre cellule..alors OUI à toutes les initiatives pour ouvrir l’esprit “hors les murs “